Ce que vous devez savoir sur la location d’un logement classé F
- Un logement classé F consomme entre 331 et 450 kWh/m²/an, soit trois à quatre fois plus qu’un logement classé B ou C selon l’Ademe
- Depuis le 1er janvier, le loyer d’un logement F ou G ne peut plus être augmenté lors d’une remise en location ou d’un renouvellement de bail
- Les logements classés G sont déjà interdits à la location, la classe F suivra selon un calendrier fixé par la loi Climat et Résilience
- Environ 5,2 millions de logements en France restent classés F ou G selon l’Observatoire national de la précarité énergétique
- Un locataire peut saisir la commission départementale de conciliation si le logement ne répond pas aux critères de décence énergétique
Vous visitez un appartement qui vous plaît, tout semble parfait, et là, sur le diagnostic de performance énergétique, vous voyez un gros “F” en rouge. Panique à bord ? Pas forcément, mais il y a des choses à savoir avant de signer. Un appartement classe F en location reste autorisé aujourd’hui, mais le calendrier se resserre sérieusement et les règles changent vite.
Depuis la loi Climat et Résilience, les logements classés F et G sont considérés comme des “passoires thermiques”. Concrètement, ça veut dire une consommation énergétique élevée, un confort thermique douteux en hiver comme en été, et des factures de chauffage qui piquent. La classe F correspond à une consommation comprise entre 331 et 450 kWh/m²/an selon les seuils du DPE, ce qui n’a rien d’anecdotique.
Un logement classé F consomme en moyenne trois à quatre fois plus d’énergie qu’un logement classé B ou C, selon les données de l’Ademe. 🔥
Peut-on encore louer un appartement classé F ?

Oui, mais avec des limites bien précises. Depuis le 1er janvier, la loi interdit d’augmenter le loyer d’un logement classé F ou G lors d’une remise en location ou d’un renouvellement de bail. Le propriétaire ne peut pas non plus appliquer l’indexation annuelle habituelle sur ces biens.
Le vrai tournant arrive avec l’interdiction totale de mise en location des logements classés G, déjà effective, suivie de celle des F. Il faut donc bien vérifier la date d’expiration de validité du DPE et se renseigner sur les travaux prévus par le propriétaire. Un logement F aujourd’hui devra être rénové ou retiré du marché locatif à moyen terme.
Ce que dit précisément la loi Climat et Résilience
Le texte fixe un calendrier progressif : les logements classés G sont déjà interdits à la location depuis 2025, la classe F suivra, puis viendra le tour de la classe E. Cette trajectoire vise à éliminer progressivement les passoires énergétiques du parc locatif français.
- Gel des loyers pour les classes F et G lors d’une nouvelle location
- Obligation d’audit énergétique pour la vente des logements F
- Interdiction de location programmée selon un calendrier fixé par décret
Pourquoi une passoire thermique coûte-t-elle si cher au quotidien ?
La consommation énergétique élevée n’est pas qu’une ligne sur un document administratif. Elle se traduit directement dans votre budget mensuel, et l’addition grimpe vite. Un mauvais DPE, c’est souvent une isolation défaillante, des fenêtres simple vitrage et un système de chauffage vétuste.
Facture de chauffage qui explose en hiver ? C’est le symptôme classique d’un appartement classe F mal isolé. À surface égale, la différence de consommation entre un F et un C peut représenter plusieurs centaines d’euros par an, selon les estimations publiées par l’Agence nationale de l’habitat (Anah).
D’après l’Observatoire national de la précarité énergétique, près de 5,2 millions de logements en France restent classés F ou G. Un chiffre qui donne le vertige !
Les signes qui ne trompent pas
Avant même de consulter le DPE, certains indices trahissent une passoire thermique. Des murs froids au toucher, une sensation de courant d’air près des fenêtres, ou encore un radiateur qui tourne à plein régime sans jamais vraiment réchauffer la pièce.
Faut-il négocier le loyer d’un logement classé F ?
Je vais être direct : oui, il faut négocier, et ne vous laissez pas impressionner. Un appartement énergivore vous coûtera plus cher sur la durée, même avec un loyer attractif au départ. Le propriétaire le sait, et c’est justement pour ça que la loi a gelé les hausses sur ces biens.
Demandez systématiquement le montant des charges de chauffage des occupants précédents. Cette info vaut de l’or et vous évite bien des mauvaises surprises. Un propriétaire honnête n’aura aucun problème à vous la communiquer.
| Classe DPE | Consommation (kWh/m²/an) | Situation locative |
|---|---|---|
| C | 91 à 150 | Location libre, aucune restriction |
| E | 251 à 330 | Location possible, interdiction future prévue |
| F | 331 à 450 | Loyer gelé, mise en location bientôt interdite |
| G | Plus de 450 | Mise en location déjà interdite |
Comment améliorer le confort d’un appartement énergivore en location ?
Le tableau ci-dessus donne le cadre légal, mais au quotidien, quelques gestes concrets font une vraie différence. Vous ne pouvez pas refaire l’isolation en tant que locataire, mais vous pouvez limiter la casse.
Installez des rideaux épais devant les fenêtres, ça bloque une bonne partie des déperditions de chaleur. Pensez aussi aux boudins de porte, un vieux truc de grand-mère qui marche toujours aussi bien ! Côté chauffage, un thermostat programmable, même mobile et amovible, permet de mieux réguler la consommation sans exploser le budget.

- Calfeutrer les fenêtres avec des joints adhésifs, une solution simple et peu coûteuse
- Vérifier l’état de la VMC pour éviter l’humidité, fréquente dans ce type de logement
- Demander au propriétaire un état des lieux précis des équipements de chauffage
Sachez qu’il y a fort à parier que votre propriétaire engage des travaux de rénovation énergétique dans les années à venir, la loi l’y contraint de toute façon. Renseignez-vous sur son calendrier avant de signer un bail long.
Quels recours si le logement loué reste une passoire thermique ?
Cette question revient souvent, et la réponse mérite d’être claire. Depuis l’entrée en vigueur du décret décence énergétique, un logement dépassant certains seuils de consommation peut être considéré comme non décent au sens légal.
Un locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, voire le tribunal, pour exiger des travaux ou une baisse de loyer si le logement ne répond pas aux critères de décence. C’est un argument de poids si votre propriétaire traîne des pieds sur la rénovation.
Reprendre les bases avant de signer, c’est vérifier la date du DPE, demander les factures de chauffage passées, et négocier fermement le loyer d’un appartement classe F location. Ces trois réflexes vous évitent bien des déconvenues et des hivers à grelotter sous la couette. Ne signez jamais sans avoir posé ces questions !



